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La crise alimentaire en Afrique, la hausse du prix du pétrole et l’incertitude de la financiarisation de l’économie mondiale

 

Crise alimentaire, prix du pétrole élevé et financiarisation abusive de l’économie mondiale demeurent trois concepts intimement liés avec des conséquences négatives pour l’Afrique et le reste du monde. En se réunissant récemment à Rome, la plupart des pays du Tiers Monde et surtout africains ont une fois de plus montré leur incapacité à s’inscrire dans la macroéconomie et la gestion de l’économie mondiale. Il ne s’agit pas de revenir sur les conséquences de l’ingouvernabilité des chefs d’Etat africains en dénonçant leur incapacité à s’inscrire dans le long terme ; il nous faut néanmoins décrire les conditions de la crise alimentaire et les rapports que celle-ci entretient avec la hausse du prix du pétrole et la financiarisation négative de l’économie qui s’est traduite par la crise des subprimes encore appelée crise de crédit immobilier. La crise alimentaire a pour origine un phénomène endogène lié à la demande élevée des pays émergents comme le Brésil, la Russie, l’Inde ou la Chine qui grâce à leurs exportations et à une croissance démographique importante pèsent sur les stocks alimentaires mondiaux pour nourrir leurs populations. Cette crise alimentaire frappe de plein fouet les pays africains qui au nom du théorème Ricardien des avantages comparatifs ont fait le choix des importations des produits agricoles plutôt que le choix de la production vivrière. Le problème des pays africains tient à l’indigence intellectuelle de leurs politiques et de leurs stratégies économiques valorisant comme au temps de la colonisation le modèle d’exportation des monocultures. La hausse du prix pétrole tient en partie à la faiblesse du dollar que les pays producteurs, en tête l’Arabie Saoudite, souhaitent compenser par une restriction de la production, ce qui mécaniquement pousse à la hausse le prix du dollar. D’autres explications moins structurées tiennent en partie au fait qu’une partie des terres cultivables serait consacrée à la production des agro-carburants ce qui aurait pour effet de pousser les prix agricoles à la hausse et de contribuer à la hausse du prix du pétrole grâce à la spéculation de compensation liée à la crise financière. La crise financière est celle des subprimes, c'est-à-dire une crise liée à l’octroi inconsidéré des crédits immobiliers à des ménages aux bas revenus aux Etats Unis. La crise des subprimes a permis aux spéculateurs mais surtout aux financiers des banques de créer des produits spéculatifs qui se sont reportés et sur les produits alimentaires et sur le pétrole. Les trois crises sont donc liées.

Au-delà du lien entre ces trois crises, que peuvent faire les pays africains pour espérer retrouver une trajectoire acceptable dans le domaine alimentaire.

1.        Que les pays africains sachent construire un modèle économique de gouvernabilité fondé sur une approche régionale. Les pays africains sont trop petits donc balkanisés pour espérer résoudre individuellement les problèmes. Il s’agit de créer au niveau régional la CEMAC pour les pays d’Afrique centrale, l’UMOA pour les pays d’Afrique de l’Ouest, des conférences alimentaires et energétiques qui poseraient les conditions de production vivrière, achats des intrants, des semences, des graines, des produits phytosanitaires, des matériels agricoles et des conditions de venue et de départ des techniciens étrangers qui par leur expertise apporteraient un savoir-faire négocié, structuré et rémunéré.

2.       Dans une optique régionale, les pays africains doivent dépasser leur ego centrisme passif et faire du développement durable un projet réaliste pour les générations futures. Il ne s’agit pas simplement de discourir mais d’exister réellement par des actes forts et de mise en œuvre d’une responsabilité régionale. Il faut créer les conditions d’une financiarisation du modèle économique évoqué en amont.

3.       Créer les conditions de l’évaluation annuelle ou biannuelle des opérations ainsi menées. C’est à ce prix que l’autosuffisance alimentaire deviendra une réalité quittant ainsi les sentiers du simple discours de type électoraliste. L’Afrique a les moyens de réussir dans la mondialisation compte-tenu de ses ressources minières et de la volonté d’une population jeune de bien faire. Que les dirigeants politiques africains soient à l’écoute de leur population et de la société civile.

 

 

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